Après avoir adoré Soie, Mr Gwyn et Trois fois dès l'aube, je me suis enfin lancée dans la lecture d’Océan mer d'Alessandro Baricco. Très présent sur la blogosphère littéraire depuis plusieurs années, ce roman me faisait de l'œil. Malgré un début déroutant qui a failli me faire abandonner, cette lecture s'est transformée en un moment magnifique.
L'envie de retrouver la magie de Baricco
Ayant eu un vrai coup de cœur pour plusieurs romans d'Alessandro Baricco (Soie, Mr Gwyn, Trois fois dès l'aube), Océan mer figure depuis longtemps dans ma PAL (Pile à Lire). C'est un livre qui a énormément tourné chez les blogueuses littéraires, toujours avec des retours très enthousiastes. Même si le temps a passé et que j'en avais oublié l'intrigue exacte, j'ai saisi l'opportunité de le lire dès qu'elle s'est présentée.
Des débuts difficiles : surmonter le flou poétique
Pour être tout à fait franche avec vous, mes débuts avec ce livre ont été laborieux. J'ai même failli le lâcher !
Au départ, le style s'avère très particulier : il y a un côté très flou, une poésie qui peut sembler décousue, presque insaisissable. Si vous le commencez et que vous ressentez cette hésitation, un conseil : accrochez-vous !
Le déclic : l'ombre du Radeau de la Méduse
Subitement, l'histoire d'un homme m'a intriguée et le récit s'est accéléré de façon spectaculaire.
L'un des passages les plus forts du livre est sans conteste le récit de la frégate française et des 147 hommes entassés sur un radeau après un naufrage. Cette partie m'a immédiatement renvoyée à un tableau qui me touche énormément : Le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault. Baricco y retranscrit une horreur absolue où se côtoient la férocité la plus extrême et la pitié la plus douce. C'est d'une intensité émotionnelle remarquable.
La pension Almayer : un décor fantastique et des personnages inoubliables
En contraste avec la tragédie du naufrage, le livre nous emmène à la Pension Almayer, un lieu hors du temps, posé au bord de l'océan. On se retrouve bercé par une atmosphère presque fantastique, où l'on regarde les personnages se dévoiler peu à peu :
Un peintre qui tente de peindre la mer avec de l'eau de mer , un professeur cherchant la limite de l'océan , une jeune fille vulnérable qui ne veut pas mourir , un prêtre amusant et une femme mystérieuse , et une quête de vengeance inattendue qui vient surprendre le lecteur.
Tous sont en équilibre sur l'océan, guidés par cette quête artistique et existentielle : tenter de définir l'indéfinissable.
Mon avis final sur Océan mer : une écriture musicale et originale
Ce qui domine dans Océan mer, c'est la jubilation de raconter des histoires. L'écriture de Baricco possède une vraie musicalité avec des rythmes uniques et des émotions brutes qui surgissent au fil des pages.
Ce qui avait mal commencé s'est transformé en un très beau moment de littérature. C'est une œuvre originale, poétique et profonde que je ne regrette absolument pas d'avoir poursuivie.
Auteur : Alessandro Baricco (Traduit par Françoise Brun)
Éditeur : Gallimard, collection Folio
Nombre de pages : 282 pages








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