Vous cherchez une lecture légère pour vous remettre en selle ? Moi aussi. On m'avait promis une dystopie prenante, une sorte de Hunger Games version bal de promo. Résultat ? Je ressors de cette lecture avec une seule envie : renverser la monarchie d'Illea, et pas pour les bonnes raisons.
Si vous aimez les héroïnes fortes et les récits qui bousculent le patriarcat, fuyez. Voici mon avis (très) honnête sur le premier tome de La Sélection.
Un pitch prometteur, une exécution... décevante
Sur le papier, l'idée des castes et de cette Amérique transformée en monarchie après une Troisième Guerre mondiale avait du potentiel. On s'attend à une critique sociale, à une analyse des mécanismes du pouvoir ou de la lutte des classes.
Spoiler : ce n'est qu'un décor en carton-pâte pour servir de scène à une émission de télé-réalité digne des pires épisodes du Bachelor. L'écriture ? Disons qu'elle est "efficace" si votre objectif est de lire sans utiliser plus de 2% de vos capacités cérébrales. C'est plat, dépourvu de toute ambition littéraire, et d'un manque d'originalité flagrant.
Le Prince, les robes et le patriarcat , le combo de l'angoisse
Ce qui m'a le plus fait grincer des dents, c'est la vision de la femme véhiculée par Kiera Cass. On nous présente la Reine comme un modèle de vertu parce qu'elle sait... s'effacer derrière son mari. Le critère n°1 pour régner ? Être belle et savoir porter une robe. L'ambition des candidates ? Séduire un Prince qu'elles ne connaissent pas pour grimper l'échelle sociale.
En 2026 (ou même en 2012, date de sortie du livre), est-on encore obligé d'infliger ça aux jeunes lectrices ? Ce culte du "Prince Charmant" et de la compétition féminine féroce est épuisant. Les "crêpages de chignons" entre les 35 candidates sont d'un cliché abyssal. Apparemment, mettre trente-cinq filles dans un château ne peut mener qu'à des insultes sur la couleur de la robe et des coups bas pour un sourire royal. Fatigant.
"Une femme, c'est quand même autre chose qu'un être humain fait pour plaire, non ?"
Un système de castes sous-exploité
C'est le plus grand gâchis de ce roman. Le système des chiffres (de 1 à 8) qui définit votre place dans la société aurait pu être passionnant. Mais au lieu de creuser la dimension politique ou la rébellion qui gronde aux frontières, l'autrice préfère s'attarder sur les hésitations amoureuses d'America Singer entre Aspen le soldat pauvre et Maxon le prince riche.
C'est niais, c'est prévisible, et ça manque cruellement de profondeur.
En résumé : Je m'arrête là
Je sais que cette saga a ses fans, et je respecte le besoin de lectures "doudou". Mais pour moi, la limite entre "léger" et "insipide" a été franchie dès le milieu du livre. Je ne lirai pas la suite. Je préfère consacrer mon temps à des autrices qui offrent aux femmes des rôles qui ne dépendent pas de la validation d'un diadème.
Fiche Technique
Titre : La Sélection (Tome 1)Autrice : Kiera Cass
Genre : Young Adult / Dystopie (très) romantique








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