Calamity : Quand le élèves chevauchent avec Martha Jane (et nous aussi !)

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Parfois, le cinéma nous rappelle pourquoi nous avons choisi ce métier. Récemment, dans le cadre du dispositif "École et Cinéma", j’ai emmené ma classe de CP découvrir Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary. Si je m'attendais à une séance calme, j'ai été soufflé : je n'avais jamais entendu mes élèves réagir autant. Entre rires, encouragements et applaudissements finaux, la magie du grand écran a opéré au-delà de toutes mes espérances.


Mes doutes de départ : l'esthétique au-delà des apparences


Je vais être honnête avec vous : quand les premières images ont défilé, j'ai eu un mouvement de recul. Moi qui adore  la figure de Calamity Jane, j'ai d'abord trouvé les illustrations... "horribles". Pour tout dire, je les trouvais presque bâclées, trop épurées.

Mais quelle erreur de jugement ! En quelques minutes, ce parti pris graphique de Rémi Chayé (déjà auteur du superbe Tout en haut du monde) révèle sa puissance. Les aplats de couleurs vives et l'absence de contours noirs donnent une lumière incroyable aux paysages de l'Ouest américain. Finalement, ce n'est pas "moche", c'est vibrant. C’est une peinture en mouvement qui a totalement hypnotisé les enfants... et les adultes avec eux.





Le synopsis : Une héroïne en culotte (et en liberté)


L’histoire nous plonge en 1863. On suit le convoi de la famille Cannary vers l’Ouest. Quand le père de Martha Jane se blesse, c’est elle qui doit prendre les rênes : conduire le chariot, soigner les chevaux, s'affirmer.

Mais dans ce monde de pionniers très codifié, une fille qui porte un pantalon pour être plus libre de ses mouvements, c’est "l’audace de trop". Accusée de vol et rejetée par le chef du convoi, Martha doit fuir. C’est le début d’une aventure initiatique où, déguisée en garçon, elle va forger son identité et sa légende.


Pourquoi c'est une pépite pour nos élèves (et pour nous)


Le choix d'École et Cinéma est, une fois de plus, d'une grande justesse. Voici pourquoi ce film est un support pédagogique en or :

La construction de l'identité : Le film explore avec finesse la question du genre et des conventions sociales. Martha Jane ne veut pas "être un garçon", elle veut simplement être libre de faire ce qu'elle sait faire.-

- Un pont vers l'Histoire : Entre réalité historique et légende (le fameux Wild West Show), le film permet d'aborder la conquête de l'Ouest et la figure complexe de la vraie Martha Jane Cannary.

L'empathie immédiate : Mes CP ont vécu chaque épreuve avec elle comme tous les élèves présents. Voir une enfant prendre ses responsabilités face à l'injustice des adultes a créé une résonance incroyable dans la salle.


Le saviez-vous ? La sortie du film en 2020 a été freinée par la crise sanitaire. Le voir aujourd'hui sur grand écran avec nos classes, c'est aussi rendre justice au travail colossal de l'animation française.


Conclusion : Allez-y les yeux fermés !


Si vous hésitez encore à cause du style graphique, passez outre.Voir des élèves de 6 ans applaudir un film d'animation à la fin de la séance est la meilleure critique que l'on puisse espérer.

Calamity n'est pas qu'un dessin animé sur le western, c'est une leçon de courage, d'émancipation et une claque visuelle que je ne suis pas prêt d'oublier.



Fiche technique :

Réalisation : Rémi Chayé
Année : 2020 (France, Danemark)
Public : À partir du CP / CE1



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