last exit to brooklyn

Une explosion de rage, de haine d'où jaillissaient des scuds de violence et déviance sexuelle, de benzedrine qu'on vous met dans la bouche, de litres d'alcool qui vous étourdissent avant de vous propulser contre un mur. Voilà l'effet que m'a fait : "Last Exit to Brooklin". Un livre interdit pour obscénité lors de sa parution mais qui creusa à coup de bombe une place importante dans le monde des lecteurs au point d'être considéré aujourd'hui comme un classique.

Ce n'est pas à proprement parler un roman mais un ensemble de nouvelles qui ont pour fil conducteur une bande de petites frappes qui aiment à se retrouver pour nous offrir une descente dans un monde de déchéance. Les souverains de ces mondes sont des prostitués, des travestis, ... des paumés qui ont perdu chacun à leur façon la jambe qui les maintenait dans la réalité. Dès lors, l'enlisement est inéluctable et nous voilà entraîné à leur suite conscient qu'on va très vite être submergé mais ne pouvant arrêter la machine une fois qu'elle est enclenchée, les vapeurs d'alcool et les délires procurés par les drogues ne faisant qu’accélérer un peu plus le processus...

J'ai donc fait la connaissance de Georgette, un jeune homosexuel travesti et fou amoureux de Vinnie une sombre brut à la sexualité étonnante sorti depuis peu de prison. Georgette est une vraie fleur bleue qui ne rêve que d'amour et de romantisme alors qu'elle navigue dans les eaux les plus troubles et la différence entre la beauté et l'innocence qui habite son esprit et la réalité de ce qu'elle vit fait frémir ...

Puis, il y a Tralala, une ado de 15 ans qui fait tourner la tête de beaucoup d'hommes grâce à une poitrine éblouissante. Elle va très vite prendre l'habitude de leur céder, pour le plaisir et pour l'argent facile que ça lui apporte jusqu'à prendre de plus en plus goût pour l'alcool qu'elle boit en les attendant ...

Il n'y a que de faux espoirs, ils sont perdus d'avance, souverains d'un royaume qui les broie. Par moment heureusement l'auteur nous offre une accalmie comme la lecture d'un poème mais c'est pour mieux nous faire prendre conscience de la noirceur qui règne, la pureté par comparaison ne peut qu'être terrassée dans ce monde là !

Un livre qui fait mal, qui marque mais que je classerais dans les grands livres !

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Albin Michel
Nouvelle Edition et traduction 2014 par Jean Pierre Carasso et Jacqueline Huet
Première édition : 1964
201 pages