exauce nous bihel makyo

Pour la petite histoire, le hasard a pris l'apparence d'une jeune fille au salon du livre du Mans cette année pour me glisser entre les doigts ce livre. Il a suffit qu'elle me parle du vieux Mans (que j'aime tant !) et de cette histoire "d'esprit simple" pour que j'échange la BD que j'avais entre les mains contre celle-ci ! Le fait d'avoir eu l'un de ses "esprit simple" dans ma classe qu'il a illuminé par sa gentillesse et son sourire, a plus que probablement influé sur le choix ...

Léonard est un jeune homme simple qui vit en balayant les allées d'un théâtre au Mans. Le régisseur Karim aime bien le titiller parfois mais l'innocence de Léonard le désarme vite. Lorsqu'il finit son travail, Léonard aime parcourir les rues du vieux Mans et retrouver ses amis dans un café mais en chemin il ne peut s'empêcher de demander : "T'as pas vu celle que je cherche ?" à toutes les personnes qu'il croise. Personne ne sait qui est cette femme qu'il cherche et Léonard semble bien incapable de leur répondre. Un jour, Franck, un scénariste en panne d'inspiration, observe d'un peu plus près Léonard et fait une découverte surprenante : Léonard aurait un don, celui d'exaucer les vœux ...

La lecture de cette BD a été très particulière pour moi en ce que je connaissais et reconnaissais les endroits illustrés. Cela conférait une espèce de réalité au récit pourtant totalement fictif. Un récit teinté de magie que Makyo a mené d'une main de maître car le pas aurait été vite franchi de tomber dans l'aberration. Rien de cela pourtant, tout se tient et j'ai suivi les péripéties de Léonard et Franck avec angoisse et jubilation.

Le personnage de Léonard m'a bien sûr beaucoup touché parce qu'il me rappelle... Je reconnaissais cette gentillesse, cette innocence et ce sourire qui ne le quitte pas. Il est aussi quelque part symbolique de ce qu'on porte de plus beau en nous mais peut être aussi révélateur d'une terrible fragilité et comme le dit si bien Victorine, les mots ont une incidence incommensurable sur nous à plus forte raison sur des êtres qui ne peuvent les utiliser pour se défendre ...

La palette de Frédéric Bihel m'a quant à elle totalement séduite. Il y a de la lumière, de la vie et de la chaleur dans ses dessins. Le vieux Mans est devenu un paysage poétique sous son pinceau que Makyo a fait vivre de ses mots.

Moi je n'ai plus qu'un seul mot à leur dire : Merci !

Lu dans le cadre du mercredi c'est BD

D'autres avis : JérômeMoOlivMoka
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Editions Futuropolis
2013
103 pages