les filles de salem

Les histoires de sorcières ne sont pas pour me déplaire et lorsqu'il s'agit des sorcières de Salem mon attention est toute requise. Pour autant, ce n'est pas forcément gagné si le scénario ne tient pas la route et le graphisme encore moins !


Je n'ai cependant pas été déçue, loin de là. J'ai été tenue en haleine d'un bout à l'autre et ai dévoré les 198 pages en un seul jet ! 

Tout commence avec l'histoire de la jeune Abigail qui vit dans une communauté de colons en Amérique. Elle vient de quitter l'enfance et n'a aucune conscience que le regard des hommes sur elle a changé. Le jeune Peter, très épris d'elle, lui offre un âne en bois sculpté un jour, ce qui sera la source d'un terrible drame.

En effet, ses parents réalisant qu'elle devient femme cherche à la protéger de mille et une façons. Elle se voit confiner dans le village, les cheveux coupés, obligée à baisser les yeux pour éviter les regards goguenards des hommes. Finis les promenades dans la nature, les baignades dans la rivière et les rencontres avec cet amérindiens au visage noir ...
les filles de salem

Ses conditions de vie deviennent d'autant plus difficiles que la famine rôde et les difficultés s'accumulent. Les villageois sont persuadés que le malin en est responsable et l'homme d'église fera des femmes du village le bouc émissaire parfait ; la chasse aux sorcières peut commencer !

"A partir d'aujourd'hui tu dois être invisible !"

Il y a quelque chose de moderne dans cette version des sorcières de Salem. J'ai aimé la façon dont l'ignorance, source de bien des maux, est mise en exergue et n'est pas sans rappeler les nombreuses atrocités suscitées par manque de connaissances et d'ouverture. 
J'ai aimé l'éclairage sur la condition des femmes qui n'ont d'autres choix que de se soumettre pour échapper au pire.

J'ai aimé le questionnement sur le poids de la religion comme outil d'asservissement des populations qui devient objet de manipulation à des fins personnelles. 
J'ai aimé l'histoire d'amour qui ne tombe pas dans la niaiserie.
J'ai aimé le côté cash que porte à merveille les traits de Thomas Gilbert. Tantôt vibrant de beauté foisonnante lorsqu'il nous entraîne dans une nature vierge tantôt terrible et dure.

les filles de salem

Un roman graphique fort !

On se retrouve chez Noukette !

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Editions Dargaud
Date de parution : septembre 2018
198 pages