The Girls d'Emma Cline


Août 1969, la comédienne Sharon Tate est sauvagement assassinée avec quatre de ses amis dans sa villa. L'assassinat de la compagne de Roman Polanski aura marqué les esprits même bien des années plus tard. Qui donc sont ces filles à la solde de Charles Manson et comment en sont-elles arrivées là ? C'est ce fait divers qu'a choisi la jeune auteure de 27 ans pour son premier livre. N'allez pas vous imaginer une histoire basée sur du voyeurisme car c'est avant tout un état d'esprit féminin, d'aspiration, de mal être adolescent dans la société américaine des années 60 qui nous est conté avec tout ce qu'il comporte de paradoxes. 

Evie Boyd, 14 ans vit dans le Nord de la Californie seule avec sa mère. Ses parents viennent de se séparer suite à une rencontre amoureuse du père avec une jeunette. Sa mère se met alors à sortir avec des hommes de façon désespérée. Sa seule amie la rejette ayant compris qu'Evie s'intéressait plus à son frère qu'à elle même. L'été arrive donc laissant quelques semaines de vide devant elle. Alors lorsque l'adolescente croise dans un parc une bande de filles à la pauvreté manifeste, elles lui paraissent aussi racées qu'une famille royale surtout Suzanne ... Les filles vivent en communauté dans un ranch, fouillant les poubelles, faisant des raids pour survivre et suivant aveuglément le discours de leur maître à tous, Russel.

Je n'en dévoile pas trop. Il y a de vrais instant de grâce dans ce livre. Le personnage d'Evie est particulièrement fouillé. On y retrouve une grande partie de la psychologie féminine adolescente : la naissance des premiers émois, la fragilité la sensibilité, la volonté de se faire aimer, ... L'auteure a su la rendre réelle. On a envie de l'aider, lui faire prendre conscience de ce qu'elle vit et à quel point elle s'éloigne de la réalité. J'ai beaucoup aimé la scène avec le jeune homme qui la ramène en stop et découvre l'endroit où elle vit. Ce qu'il décrit ne correspond plus à ce que la jeune fille est capable de percevoir.  La réalité est biaisée depuis le début pour elle et s'efface devant son désir d'aimer et d'être aimé.  L'auteur a su avec beaucoup de subtilité nous dévoiler l’enrôlement et l'emprise d' une secte et de certains individus.


"Leurs rires étaient un reproche adressé à ma solitude. J'attendais quelque chose sans savoir quoi ."

Un livre fort !

Editions : La table ronde
Date de parution : 2016
Traduction : Jean Esch
331 pages


20 commentaires

  1. Oui, un livre très fort ! J'ai adoré. Il figurait parmi mes coups de coeur de l'année 2016 et j'en garde encore un souvenir très vif !

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  2. Pffff, toujours pas lu alors que je l'ai depuis sa sortie...

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  3. Il me plairait bien celui-ci je pense...

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  4. En fait, je connaissais le fait divers, mais ce n'est qu'après pas mal de pages que j'y ai pensé (comme quoi le thème principal du roman n'est pas cela, en fait)

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  5. Ma libraire me l'a recommandé à de multiples reprises. Il est désormais disponible en poche je crois et devrait donc s'offrir une seconde vie.

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  6. J'avais aimé ce roman, son ambiance.

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  7. Je confirme, une vraie claque ce premier roman, j'ai beaucoup aimé !

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  8. Après tous les bons avis que j'en ai lu il me fait follement envie ce livre!
    Bisous

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  9. J'ai crains la violence de ce livre, même si j'en suis très curieuse. Et ce que tu dis de la façon dont le sujet est traité me tente encore plus. Je lis qu'il est disponible en poche ou très bientôt, ce sera l'occasion.

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