le vieux qui lisait des romans d'amour sepulveda

Un livre que je vais de suite classer dans les indispensables tant il me parle, tant il est riche, tant il correspond à tout ce que j'aime.


Lorsque les Shuars, peuple indien d’Amazonie amène à El Idilio le cadavre d'une jeune homme assassiné, ils se font accuser de meurtre par le maire. Sans l'intervention de Antonio José Bolivar qui déchiffre tout de suite sur le corps inanimé l'attaque d'un félin, ils échappent au pire. C'est que le personnage connait la forêt mieux que quiconque et la respecte après y avoir vécu au côté de ce peuple indien pourtant méprisé. C'est son histoire qui nous est contée, tel un récit  magique, bercé par le chant des indiens.

J'ai aimé la philosophie qui se dégage de ses pages. Le rythme, la lenteur à laquelle nous ne sommes pas habitués ... Ce regard sur la nature que j'ai tendance a oublier et que je ne vois plus, ce retour aux racines et à la richesse que l'on peut en tirer.
J'ai aimé cet homme qui ne renonce jamais, cet entre-deux qui nous présente la beauté du peuple des Shuars dont la survie est menacée. 
J'ai aimé cet homme pour son humilité, sa sentimentalité dans un milieu ou la barbarie n'est jamais loin, son innocence pour les choses de l'amour quand certaines femmes se donnent naturellement, son idéalisme quand règne pourtant autour de lui plus souvent le goût du profit et la barbarie que celui de l'amour et la générosité. 

L'histoire m'a emporté et ne me laissera pas indemne une fois que j'aurai pris un peu de distance. Elle m'a déjà beaucoup apprise en plus d'avoir permis un pur moment d'évasion. Un superbe conte écologique qui continuera j'espère longtemps à toucher des individus à travers le monde.

"Ce fut la découverte la plus importante de sa vie. Il savait lire. Il possédait le venin contre le redoutable venin de la vieillesse."

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Editions Métailié en 1992
Editions le Seuil en 1995
120 pages