Lust de Elfriede Jelinek


De cet auteur je connaissais : " La pianiste " dont l'histoire avait été mis en scène par Michael Haneke. Un film  que j'avais trouvé bouleversant !


Comment parler de Lust il n'y a pas réellement d'histoire ou disant plutôt que l'auteur s'est totalement éloignée du genre romanesque. C'est une oeuvre totalement atypique qui a valu le prix nobel à Elfriede Jélinek mais qui a suscité un tollé a sa sortie. Penchons-nous d'abord sur l'histoire :

Quelque part dans une ville d'Autriche, un patron d'entreprise se livre à des actes d'une rare obscénité ainsi que d'une rare violence sur sa femme au sein de leur confortable villa. Ne pouvant aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte en raison de maladies telles que le sida il faut bien que sa femme serve à quelque chose et autant la rentabiliser au maximum ... Cette femme qui est rarement nommée apparaît comme silencieuse transparente et soumise et leur fils est sur la voie toute tracée pour suivre les traces de son père. La femme afin de survivre à ce quotidien n'aura pour seule ressource que de se prendre un amant qui se servira d'elle comme faire-valoir ...

C'est un livre déstabilisant par son thème, par son écriture, par sa narration. Il est constitué de courtes phrases souvent nominales, truffé de métaphores et sans un semblant de structure narrative ce qui rend la lecture particulièrement ardue.

Je ne vous parle même pas du thème qui est d'une violence telle que je n'en avais jamais lue. C'est un roman pornographique au féminin et Lust signifie envie, plaisir, désir, luxure, volupté. On a accusé l'auteur de faire l'apologie de l'obscénité quand d'autres prétendaient que son objectif n'était que de choquer pour montrer cette violence qui a cour derrière une certaine respectabilité bourgeoise ainsi que les effets d'une soi disant libération sexuelle.

Pour ma part, j'ai abandonné à la page 112 même si j'ai trouvé intéressante cette mise à nu du système patriarcal dominant au travers du pouvoir, de l'argent, du langage et du sexe je n'ai pas adhéré à cette création d'esthétisme de l'obscénité, à se déploiement de métaphores et à ce manque d'histoire. Je n'ai pas perçu le message de l'auteur et tout nobel qu'il soit je préfère me tourner vers d'autres champs !

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Editions du Seuil
Date de parution 1989 et 1996 dans la collection Points
282 pages


18 commentaires:

  1. J'ai La Pianiste dans ma bibliothèque et je vais plutôt commencer par là...

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  2. Je ne pense pas qu'il soit pour moi. Trop dur. J'ai abandonné "la pianiste" pour la même raison.

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  3. Je passe...j'irai plutôt frapper à la porte d'Edith...;-)

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    1. C'est exactement ce que j'ai fait ! ;-)

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  4. Déstabilisant c'est le mot ... merci pour tes impressions et pourtant comme toi "La Pianiste" fut un coup de cœur.

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    1. Paradoxalement si je tombe sur "Les exclus" je referai une tentative avec cette auteure. Je ne pense pas que ses autres livres soient du même acabit !

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  5. Une lecture trop ardue, ce n'est pas pour moi. Et puis un abandon de ta part ça veut tout dire...

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    1. Effectivement je préfère aller jusqu'au bout de mes lectures en général même si elles ne me plaisent que moyennement mais là elle m'a essoré !

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  6. Tiens, je ne le connaissais pas celui-ci... Merci de ce partage ^^

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  7. Le thème est fort, oui, et le scandale évident. Mais comme toi, je crois que je n'irai pas au bout d'une lecture si éprouvante.

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    1. Tu me rassures je n'aime pas abandonner une lecture en cours en général !

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  8. Je ne connais l'auteur que de nom. Je n'ai encore rien lu car je suis un peu craintive. Ce que vous dites va dans ce sens : aurais-je le courage de lire cela ? est-ce nécessaire que je lise cela, aussi ? Vaste question...

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    1. Personnellement j'aime m'ouvrir à d'autres horizons et là je tenais un livre un peu atypique fort, qui pouvait m'instruire sur la société autrichienne, ... c'est loupé ! ;-)

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  9. Je n'ai jamais rien lu de cette auteure, même si j'ai vraiment adoré l'adaptation filmée de son livre, La pianiste. Film que j'avais trouvé d'une violence psychologique forte... j'en garde un souvenir très précis, des scènes complètes, alors que j'ai vu le film il y a déjà bien longtemps.

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    1. Oui c'est comme moi ! C'est un film qui marque !

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