Cent sept ans de Marie Aimée Lebreton


Une petite perle de poésie que ce livre ! Un court récit d'espoir sur l'exil et les blessures de l'enfance qui n'empêche pas la femme en quête d'identité de se reconstruire à l'aube de sa vie d'adulte sous les lumières de son pays et son enfance ...


Nine est née en Algérie et a vécu quelques mois dans un village de Kabylie dont la mère, Madame Plume, évoque à peine la vie. Très vite la fuite les a conduite dans le Nord de la France où Nine va faire l'apprentissage de la langue, la musique et la culture avec autant d'avidité qu'elle se heurte au mutisme de sa mère concernant cet amour si bref avec son père très vite fauché par la guerre ...

Loin d'être un récit de plus sur l'exil, ce livre parle d'une quête d'identité et des blessures qui peuvent être infligées pendant l'enfance. Le manque, cette impression d'être en dehors, l'absence de paroles, souvenirs, informations sur ce père rêvé entaillent la jeune fille qui réagit par une soif de savoirs et de connaissances, une volonté de s'exprimer se libérer par l'apprentissage du piano dont le retour sur sa terre d'origine sera le point culminant d'un chemin de reconstruction. C'est un livre d'espoir avant tout qui montre que la reconstruction peut être possible. 

"Nine est petite, si petite qu'elle a l'impression de grandir parmi les géants. D'ailleurs, la mère aussi est une géante, tant ses gestes la lui rende immense. On l'habille, on la coiffe, parfois on lui chante des chansons. Dans toutes les histoires d'enfants il y a un père. Le sien n'est pas là."

Lu dans le cadre de Masse critique de Babelio

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Editions Buchet-Chastel
Date de parution : 2014